Avoir quelque chose à raconter, un air simplet, un sourire crispé, des cheveux parfaits, être bien sapée, rire sur commande, rire jaune souvent. Voila les commandements de la parfaite copine, drôle sociable adorable..de loin. Je ne suis pas cette fille, je ne veux pas l'être. En attendant pour me griller les neurones, me détendre et tenter de vivre comme je l'entend, je laisse ma vie partir en vrille, ainsi seule la destinée a un quelconque pouvoir sur son cours. Alors, certes, une déception peut susciter chez moi des réactions démesurées, lancinantes et ce pour une vie entière, mais au moins rien ne saura me détourner de ce qui doit arriver. Je n'aurais plus à m'en vouloir, puisque c'est ce qui devait arriver qui arrivera et que je n'aurais absolument rien à voir avec de quelconques changements au programme de ma vie. Sur tout les plans, je me laisse dériver. Mon esprit virevolte avec une inconscience phénoménale, grisée par ce qui ce fait de pire: tout et souvent n'importe quoi. Dans les meilleurs cas, de la musique dans les oreilles m'assomme durant des heures, un écran m'aveugle et je tente souvent en vain d'y coucher mes pensées. Mon corps suivra tant qu'il le pourra, assez souvent défaillant, le laissé-aller n'est pas sa tasse de thé. L'enveloppe charnelle est agressée par les désirs, les volontés toujours plus démesurées de l'esprit. Je suis physiquement comme spirituellement fatiguée. Je ne continuerai pas longtemps comme ça, sans quoi, je risquerai de me faire bouffer par le gouffre au bord duquel je marche. Si c'est de la pitié que vous éprouvez à ce moment là, retenez vous. En ce qui me concerne, j'ai peur de ne pas savoir m'arrêter. ou même seulement de ne pas pouvoir ralentir, de ne pas pouvoir sortir de cet espèce de bulle autodestructrice. Le jour où j'aurais réussi à ne plus m'en prendre à moi, à ne plus fustiger mes sentiments, je verrais surement que je ne suis arrivée à rien, à part à me ruiner durant quelques années. Je rêve d'une pièce noire dans laquelle je ne serais pas dérangée et ou je pourrais dormir en paix, mais c'est tellement plus drôle vivre avec eux. Sans leur présence, je n'aurais plus de moyen de comparaison. Je ne penserais plus. Je ne rirai plus. Je ne serais rien.